Les mots de la philo
 


  14 janvier 2020

Philosophie – Qu’est-ce qu’une réfutation ?
La réfutation est un procédé rhétorique, assez solide et assez courageux, consistant, afin d’exposer son point de vue, à énumérer les critiques de son adversaire, pour les démonter une par une…(Lire la suite)

24 décembre 2019

À propos de « Noël » (billet étymologique)
Le mot vient du latin natalis dies et par substantivation natalis : «jour de naissance», utilisé pour désigner la Nativité du Christ (CNRTL). Par un phénomène phonétique appelé dissimilation, le mot a évolué…(Lire la suite)

10 décembre 2019

La nouvelle la plus courte du monde ?
Je me permets de reproduire ici l’excellent texte de Claude Bourgeyx, intitulé « Lucien », qui fait la preuve qu’un coquillage peut contenir un univers : la nouvelle ne fait qu’une page.(Lire la suite)

26 novembre 2019

Philosophie : 1001 sujets…
… à picorer dans les archives des académies, à la fin du siècle dernier. C’est cadeau.(Lire la suite)

12 novembre 2019

Comment élaborer un bon bilan orthographique ?
Voici, selon moi, quelques critères qui peuvent permettre d’évaluer de manière juste, fine et complète le niveau en orthographe de quelqu’un.(Lire la suite)

22 octobre 2019

« Il y a combien de pages ? »
C’est la question la plus récurrente que les élèves de Collège ou de Lycée posent (ou se posent) quand on leur annonce qu’ils vont devoir lire tel ou tel livre en classe ; c’est également la réserve qu’opposent les adultes restés hostiles ou indifférents à la lecture…(Lire la suite)

8 octobre 2019

La culture fait-elle l’intelligence ? ?
« Je sais aussi, dit Candide, qu’il faut cultiver notre jardin. » C’est une base, et il ne s’agit ici pour moi ni de la répéter, ni de la contester -mais plutôt de la mettre en perspective. Qu’est-ce qu’un être cultivé ? Qu’a-t-il de plus (ou de moins) qu’un être dont on dirait qu’il ne l’est pas ? Est-ce un être intelligent, ou en tous cas plus intelligent que celui qui a moins de culture ? Au risque de surprendre (venant de quelqu’un qui passe son temps à la transmettre), je répondrais à cette dernière question par la négative…(Lire la suite)

24 septembre 2019

Raisonnement par induction et raisonnement par déduction
Petite note explicative. Ayant moi-même longtemps eu une vision plutôt vague de ces deux mouvements de l’esprit, j’en précise ici les contours.
D’abord un petit schéma mnémotechnique…(Lire la suite)

10 septembre 2019

Orthographe : la règle et l’usage
Il me semble utile, pour des raisons que je détaille en fin d’article, de produire un petit schéma de pensée pour comprendre le rapport particulier qu’entretiennent, en orthographe, l’usage (c’est-à-dire le français que nous parlons et écrivons tous les jours) et la règle (c’est-à-dire le code commun que nous avons appris à l’école)…(Lire la suite)

25 juin 2019

Qu’est-ce qu’un philosophe ?
À cette intimidante question, il est possible de répondre une première chose assez simple, pour distinguer le philosophe de la figure de l’intellectuel (pour moi ce second terme n’a rien de péjoratif) : le philosophe est celui qui produit des concepts philosophiques…(Lire la suite)

 

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Les mots de la philo

Un excellent prof que j’ai eu en fac nous invitait, au cours de ses conseils de lecture en TD, à nous méfier des auteurs « qui confondent obscurité et profondeur ». Il avait l’élégance de ne citer personne, mais son conseil m’est resté.

Je ne citerai personne non plus mais mes expériences de lecture m’ont effectivement mis en présence de textes inutilement compliqués, quasi illisibles même, où j’avais plutôt l’impression que l’auteur faisait un numéro d’acrobatie se réduisant à essayer de bien faire sentir sa stupidité au lecteur. Même avec un gros effort, il ne reste rien, ou pas grand-chose de l’examen de ces textes.

Soit l’auteur est en train de s’emberlificoter lui-même dans un sujet qu’il ne maîtrise pas tant qu’il ne le croit (pour paraphraser Boileau il n’énonce pas clairement quelque chose qu’il ne conçoit pas bien lui-même) ; soit il est en train de pavaner en jonglant avec des mots compliqués qui ne servent qu’à (essayer d’) impressionner la galerie : dans les deux cas, pas de temps à perdre, le contenu réel est inversement proportionnel à la pompe, le style étant justement le paravent cachant l’indigence du fond.

Pour autant, tous les textes difficiles à lire ne sont pas des escroqueries et je propose d’introduire ici le concept d’outil : si un mot, ou une expression, est complexe (ex : une contradiction performative, la finitude, l’hamlétisme), c’est qu’il a une utilité dans le raisonnement philosophique de l’auteur. S’il n’en a pas vraiment, si on pouvait se passer de lui, c’est qu’on est dans le pédantisme dont je viens de parler ; mais s’il en a vraiment une, en d’autres termes si on ne peut déverrouiller une idée sans lui (comme il est par exemple impossible de planter un clou sans un bon marteau ou de le retirer sans une pince adéquate), alors il faut faire l’effort de le comprendre.

Le cas d’Emmanuel Kant est particulièrement représentatif de ce problème- mais l’on sait, derrière la difficulté lexicale de certains de ses textes, qu’il y a vraiment quelque chose à comprendre, et une étude bien menée révèle au fur et à mesure la richesse du contenu. On pourrait ici faire un rapprochement avec les termes techniques que l’on trouve dans les sciences appliquées : ils sont nécessaires pour être précis, et si on les enlevait, on serait, donc, plus vague !

D’un point de vue pédagogique, après avoir distingué les auteurs « difficiles » et écarté les jargonnautes (le bon grain de l’ivraie), il est prudent, quand on a affaire à des termes très abstraits, de ralentir, comme on dit à l’auto-école. Prévenir, déjà, qu’on va utiliser un mot difficile -une petite touche d’humour n’étant pas de trop (attention je vais employer un gros mot…) ; l’idée est de ne pas laisser derrière soi des randonneurs qui se seraient pris un caillou sur la tête… Ralentir, s’arrêter même s’il le faut, pour bien définir le mot, que ce soit clair pour tout le monde. Tant pis si on court le risque d’ennuyer ceux qui avaient déjà compris ; c’est un risque moins grand que de perdre les autres. Quand tout le monde est là, on repart.

Il y a encore un dernier luxe : essayer de faire aimer ces mots qui ne passent pas partout et qui permettent de nommer quelque chose qu’ils sont les seuls à désigner, non pas pour briller en société, mais pour une plus grande intelligibilité, comme on ajouterait le nom nouveau d’une terre auparavant inconnue sur une carte du monde -sauf qu’il s’agit de la carte, plus belle et plus vaste encore, de l’esprit humain.

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mardi 25 avril 2017

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