Français, Lettres, Philo : le blog d’un professeur indépendant

Minéralogie du raisonnement

J’ai pris l’habitude de présenter l’exercice de la dissertation comme l’observation (minutieuse) des différentes facettes d’un problème. Cela permet de visualiser cette opération intellectuelle si précieuse dans un monde d’opinions hâtives, radicales, et trop peu nourries de connaissances réelles. Prenez une question (un problème)… Doit-on manger les animaux ? Les religions peuvent-elles coexister ? Pourrait-on se passer […]

Philo : cercles de la connaissance

Rien de tel qu’un petit schéma pour exercer son humilité. _ Le premier cercle figure tout ce que je connais à cet instant : le cumul de mes apprentissages et de mon expérience, avec un niveau variable dans les nombreux et divers domaines de la connaissance. Quand bien même je serais expert dans l’un de ces […]

Palindromes : le record de Georges Perec.

Vous connaissez sans doute ce qu’on appelle les palindromes, ces mots, expressions ou phrases que l’on peut lire à l’endroit et à l’envers.
Le mot « ici » par exemple, donne, si on le lit de droite à gauche, le mot « ici ». Simple.
11h11 donne 11h11.
«Élu par cette crapule», en changeant la coupe des mots et sans prendre en compte les accents les majuscules, donne :
Élu par c ette c rap ule
> élu par cette crapule.
Nombre d’entre nous ont sans doute vu à l’école…

Articles récents

Un puissant éloge de l’indépendance artistique : la tirade des « Non, merci », de Rostand

« N’écrire jamais rien qui de soi ne sortît, dit Cyano à son ami Le Bret, / Et modeste d’ailleurs, se dire : mon petit, / Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles, / Si c’est dans ton jardin à toi que tu les cueilles ! »

Peut-on imaginer plus belle exhortation à délaisser toute IA dans le processus d’écriture. Ces mots sont tirés de la fabuleuse tirade des « Non, merci », dans laquelle Cyrano balaye toute ambition mondaine pour le plaisir d’écrire et de créer…

Ai-je envie de lire une poésie (ou un roman, une nouvelle…) écrite par une IA ?

Le monde de la littérature et de l’édition est secoué actuellement par l’affaire Thélyson Orélien, plagiaire avéré et probable tricheur ayant utilisé l’IA pour écrire un roman qui a mis à genoux la critique littéraire.

Tout le monde parle des possibilités créatrices de l’IA, de ces fameux détecteurs de fraude qui nous disent le lundi que la Bible est 100 % IA, le mardi que les manuscrits de Balzac sont suspects…

Bizarrement, personne ne parle des attentes des lecteurs, véritable sujet selon moi…

Lire un texte ou lire son résumé par une IA, est-ce la même chose ?

« Nous ne supportons plus la durée », écrivait Paul Valéry en 1935.
91 ans plus tard, son constat n’a jamais été aussi actuel -et à un niveau qui aurait probablement stupéfié l’auteur du Bilan de l’intelligence.
Nous assistons, puisque nous « n’avons plus le temps » de lire, à une généralisation du recours à ces résumés, synthèses, faits par l’IA, d’articles, d’essais, de livres… On entend même certains prétendre que, grâce à cet outil magique, ils peuvent « lire davantage ». Pourquoi se fatiguer à parcourir deux cents longues pages alors que je peux en avoir un résumé en 7 secondes ? Que j’aurais lu en 2 minutes 30. Que vaut cette croyance ?

Que lire pendant ses vacances ?

Mon conseil sera court : allez là où vous n’avez pas l’habitude d’aller.
C’est d’ailleurs un peu le principe des vacances, non ?
Alors si vous êtes habitué à…

Lecture longue et dispersion chronique : un territoire à reconquérir

Dès 2009, dans son célèbre article : « Est-ce que Google nous rend idiot ? », Nicolas Carr, rédacteur en chef pour la Harvard Business Review, décrivait une difficulté nouvelle à laquelle il était confronté comme auteur / lecteur : « Je ne pense plus de la même façon qu’avant. C’est quand je lis que ça devient le plus flagrant. Auparavant, me plonger dans un livre ou dans un long article ne me posait aucun problème…. »