La synthèse de documents: un exercice exigeant et complet

Cet exercice est curieusement absent du Secondaire, alors que dans le Supérieur, il s’impose presque partout… sous diverses formes et à divers niveaux de difficulté. Il est souvent utilisé pour de mauvaises raisons (à savoir opérer du « tri sélectif ») mais, d’un point de vue intellectuel, il présente un véritable intérêt.

Synthèse de documents et note de synthèse

Quelle est la différence entre ces deux intitulés, que l’on confond parfois? La synthèse de documents est un condensé de l’ensemble des informations du dossier de textes, et tout doit, d’une manière ou d’une autre, s’y retrouver, alors que la note de synthèse est plutôt une épreuve d’exploitation d’un dossier documentaire, où toutes les informations ne serviront pas. Dans la note de synthèse, le candidat doit se montrer capable de sélectionner les données utiles alors que dans la synthèse, il doit montrer qu’il peut résumer toutes les informations.

Trois vertus intellectuelles en une seule composition

La travail de synthèse développe trois qualités: la compréhension de document(s), l’esprit de synthèse et l’écriture argumentative.

Qu’il s’agisse d’articles de journaux, d’extraits de livres, de textes administratifs, juridiques, de données statistiques, de dessins humoristiques, de textes philosophiques… la variété des documents affine la souplesse de compréhension, l’adaptation à différents supports, et développe la capacité d’aller droit à l’essentiel en laissant de côté l’accessoire.

L’esprit de synthèse, c’est la capacité à faire d’une multitude d’éléments épars un ensemble unique et cohérent -qualité précieuse dans un monde où le flot d’informations nous fait courir en permanence le risque de la dispersion.

Enfin, la synthèse est…

Un véritable exercice de « français ».

Une fois les idées reprises et organisées autour d’une problématique digne de ce nom, il s’agit de les formuler, dans un style concis et riche. Il y a parfois un nombre de mots à respecter, ce qui oblige à écrire clairement et directement.

C’est pour toutes ces bonnes raisons que je plaide pour l’entrée de cet exercice dans les programmes de Lycée, voire pourquoi pas en initiation dès le Collège. C’est au professeur de français qu’il faudrait confier cette tâche, mais cet apprentissage pourrait aussi avoir des prolongements dans d’autres matières, comme par exemple en Histoire.

22 avril 2014

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