Philo : cercles de la connaissance

Rien de tel qu’un petit schéma pour exercer son humilité.

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Le premier cercle figure tout ce que je connais à cet instant : le cumul de mes apprentissages et de mon expérience, avec un niveau variable dans les nombreux et divers domaines de la connaissance. Quand bien même je serais expert dans l’un de ces domaines en particulier, je saurais concrètement qu’il y a encore de très nombreuses choses que je n’y connais pas. Borges, l’un des plus grands érudits de la littérature, n’écrivait-il pas dans l’une de ses dernières préfaces : «J’ai consacré ma vie à la littérature, et je crois à peine la connaître» ? Au-delà d’une certaine modestie un peu appuyée, il y avait aussi un constat matériel : même en lisant toute sa vie, tous les jours, toutes les heures, combien de livres pourrait lire un homme ? Et combien de livres y a-t-il dans le monde ? L’écart restera toujours astronomique. Les vrais « experts » sentent tous les jours leurs limites à l’intérieur de leur propre domaine –et les plus honnêtes sont les premiers à le reconnaître. Combien doivent-ils sentir alors leur ignorance dans les autres domaines !… Le savoir humain est vaste comme un océan, et la minuscule barque de mon esprit, du moment où elle se met à y naviguer un peu, le sent très rapidement. Il n’y a que ceux qui n’apprennent jamais rien qui croient qu’ils savent quelque chose. (J’aurais dû dessiner ce premier cercle bien plus petit encore, ou utiliser une métaphore de l’ordre du grain de sable posé sur une planète.)

Le deuxième cercle représente l’ensemble des connaissances humaines,  tout ce qui est connu, su ou compris par les hommes, et qui ne se trouve dans aucun esprit en particulier. Peut-être qu’un jour la mécanique d’un superordinateur pourra le compiler dans un même disque dur, descendant lointain de L’Encyclopédie, mais ce ne sera jamais qu’une somme inerte, à l’intérieur de laquelle chaque esprit particulier pourra piocher à foison. Je ne m’engage pas ici dans la possibilité d’un « intelligence » artificielle, parce qu’il me semble qu’on ne saurait réduire l’intelligence à un « calcul », aussi important et rapide soit-il.

Enfin, le troisième cercle (dont je ne puis, à l’échelle, représenter qu’un infime morceau) symbolise tout ce qu’il y a à savoir et qu’un jour l’esprit humain aura appris. La métaphore devrait être agrandie à la proportion d’un atome de grain de sable par rapport à une galaxie.

J’avance, peu à peu ; nous avançons, petit à petit. Les cercles sont en expansion, raison pour laquelle j’aurais pu les représenter en pointillés… Le chemin est très long.

On pourrait même imaginer l’existence d’un quatrième cercle, dont la circonférence tendrait infiniment vers Dieu, qui serait constitué de tout ce que la connaissance humaine ne peut même pas imaginer découvrir un jour.

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mardi 23 octobre 2018

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