La mémorisation est-elle une perte de temps ?

Un effort de mémorisation est-il, comme les partisans de l’externalisation de la mémoire essayent de le faire croire, une perte de temps ? Pourquoi devrais-je peiner, argumentent-ils, à retenir une chose que je pourrais retrouver en trois secondes et quelques clics ? Raisonnement séduisant, mais faux. Vite, un exemple.

Je vais prendre le temps de mémoriser la conjugaison d’un verbe irrégulier un peu récalcitrant, mais très fréquent, par exemple aller. Disons qu’en tout, si je m’applique vraiment, cela va me prendre 2 heures, exercices compris. Certes, aller vérifier la conjugaison du verbe aller sur Google me prendrait à peu près 15  secondes, ce qui est bien moins que 2 heures, deux fois certes ; mais… combien de fois vais-je devoir le faire ? Combien de fois vais-je devoir aller vérifier la conjugaison du verbe aller, puisque je ne la connais pas ? 15 secondes, mais multipliées combien de fois ?

Eh bien je prends le pari qu’il est plus rapide de mémoriser une chose utile une bonne fois pour toutes que de devoir toute sa vie aller la chercher, la re-chercher et retourner encore et encore la re-re-chercher dans une mémoire externalisée -fût-ce un moteur de recherche, une application, un disque dur, un petit robot sympathique ou que sais-je d’autre encore ?

On croit se libérer d’une charge en économisant le bel (et ancestral) effort de mémoire ? Je dirais plutôt qu’on se vide de tout contenu… et qu’on se lie à de nouvelles charges : fausses simplifications, fastidieuses complications.
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mardi 8 décembre 2015

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