La « culture générale » : quel est cet étrange animal?

A force d’être mises à toutes les sauces, certaines expressions finissent par ne plus vouloir rien dire du tout. C’est le cas de cette fameuse « culture-gé. » que l’on agite comme un chiffon rouge sous le nez des collégiens et des lycéens, en la présentant comme le « petit + » qui fera la différence quand ils voudront entrer dans le supérieur.

Cette réduction (presque) à l’absurde du sens de cette expression est un dommage symptomatique de notre époque, car au départ -à la Renaissance, elle correspondait à l’idéal humaniste de l’ « honnête homme », c’est-à-dire d’un homme curieux de tout, ayant soif de connaissances dans des domaines aussi variés que la philosophie, l’art, la médecine, la religion, la politique, l’économie, les sciences, les langues… mais ayant soif de ces connaissances pour elles-mêmes, pour cultiver son esprit, ouvrir et déployer son intelligence, élargir sa conscience.

Aujourd’hui (cf ce texte de Paul Valéry) ces connaissances diverses et transversales ne servent plus à « la formation de l’esprit » mais à remplir des QCM pour passer la douane des examens et des concours, ce qui implique qu’une fois cette douane, ce « contrôle » passé, on pourra les oublier à tout jamais : il ne s’agit plus de s’imprégner personnellement de ces richesses culturelles pour devenir un homme meilleur, une femme meilleure, mais de les mémoriser bêtement et provisoirement pour l’obtention d’une note.

22 octobre 2013

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