Faut-il prendre une « revanche » sur l’orthographe ?
 


  10 décembre 2019

La nouvelle la plus courte du monde ?
Je me permets de reproduire ici l’excellent texte de Claude Bourgeyx, intitulé « Lucien », qui fait la preuve qu’un coquillage peut contenir un univers : la nouvelle ne fait qu’une page.(Lire la suite)

26 novembre 2019

Philosophie : 1001 sujets…
… à picorer dans les archives des académies, à la fin du siècle dernier. C’est cadeau.(Lire la suite)

12 novembre 2019

Comment élaborer un bon bilan orthographique ?
Voici, selon moi, quelques critères qui peuvent permettre d’évaluer de manière juste, fine et complète le niveau en orthographe de quelqu’un.(Lire la suite)

22 octobre 2019

« Il y a combien de pages ? »
C’est la question la plus récurrente que les élèves de Collège ou de Lycée posent (ou se posent) quand on leur annonce qu’ils vont devoir lire tel ou tel livre en classe ; c’est également la réserve qu’opposent les adultes restés hostiles ou indifférents à la lecture…(Lire la suite)

8 octobre 2019

La culture fait-elle l’intelligence ? ?
« Je sais aussi, dit Candide, qu’il faut cultiver notre jardin. » C’est une base, et il ne s’agit ici pour moi ni de la répéter, ni de la contester -mais plutôt de la mettre en perspective. Qu’est-ce qu’un être cultivé ? Qu’a-t-il de plus (ou de moins) qu’un être dont on dirait qu’il ne l’est pas ? Est-ce un être intelligent, ou en tous cas plus intelligent que celui qui a moins de culture ? Au risque de surprendre (venant de quelqu’un qui passe son temps à la transmettre), je répondrais à cette dernière question par la négative…(Lire la suite)

24 septembre 2019

Raisonnement par induction et raisonnement par déduction
Petite note explicative. Ayant moi-même longtemps eu une vision plutôt vague de ces deux mouvements de l’esprit, j’en précise ici les contours.
D’abord un petit schéma mnémotechnique…(Lire la suite)

10 septembre 2019

Orthographe : la règle et l’usage
Il me semble utile, pour des raisons que je détaille en fin d’article, de produire un petit schéma de pensée pour comprendre le rapport particulier qu’entretiennent, en orthographe, l’usage (c’est-à-dire le français que nous parlons et écrivons tous les jours) et la règle (c’est-à-dire le code commun que nous avons appris à l’école)…(Lire la suite)

25 juin 2019

Qu’est-ce qu’un philosophe ?
À cette intimidante question, il est possible de répondre une première chose assez simple, pour distinguer le philosophe de la figure de l’intellectuel (pour moi ce second terme n’a rien de péjoratif) : le philosophe est celui qui produit des concepts philosophiques…(Lire la suite)

11 juin 2019

Adapter un chef d’œuvre littéraire au cinéma : une bonne idée ?
« Je préfère le livre »… Dans le prolongement de cette phrase que j’ai entendue mille fois (y compris dans la bouche de gens lisant peu), une petite réflexion à deux voix sur le thème de la transposition littéraire au cinéma, avec mon ami Guillaume Trouvé, en podcast…(Lire la suite)

28 mai 2019

L’orthographe est-elle une forme de politesse ?
Le philosophe Alain écrivait : « L’orthographe est de respect ; c’est une sorte de politesse » . J’ai souvent lu ou entendu ce rapprochement : écrire sans faire de fautes serait une forme de courtoisie, de savoir-vivre, voire, carrément, de comportement éthique. Je remarque tout d’abord que ce discours est majoritairement tenu par des gens qui maîtrisent bien l’orthographe -c’est donc un raisonnement pro domo ; secondement, ce raisonnement me gêne un peu, et voici pourquoi…(Lire la suite)

 

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Faut-il prendre une « revanche » sur l’orthographe ?

Depuis quelques années, ont fleuri, dans les rayonnages des librairies, des ouvrages surfant sur ce thème de la revanche que pourraient ou devraient prendre ceux qui ont un problème avec l’orthographe, faisant même parfois de celle-ci le problème. Je ne souscris pas à cette approche. Ou, pour le dire autrement : je n’aime pas trop cette ambiance. Ces ouvrages essayent de répondre à la question du déclin de l’orthographe des Français, qui est indiscutable, mais la réponse apportée est maladroite, parce qu’elle procède d’une analyse erronée et d’une vision à la petite semaine de la langue.

Une analyse erronée

On sent, dans les propos des auteurs de ces ouvrages, une aigreur concernant la question scolaire. Soit ils avancent carrément qu’il s’agit de leur histoire personnelle (personnellement je n’ai pas déduit de ma mauvaise expérience en Maths que les Maths étaient une affreuse discipline et qu’il fallait abréger le théorème de Pascal !), soit ils prennent à témoin des élèves (actuels ou anciens) qui ont vécu ou vivent leurs dictées comme des tortures chinoises. Puis ils en déduisent 1. que l’orthographe française est un absurde diktat, et/ou 2. que l’école est une sorte de système pénitentiaire au service de ce diktat. De ces visions exagérément apocalyptiques ressort l’idée que la mauvaise  orthographe des Français est la preuve irréfutable de la légitimité de leur croisade simplificatrice.

C’est qu’ils n’ont pas fait assez d’histoire. Dans les années 40 et 50, la population Française maîtrisait très bien cette même orthographe qu’ils essayent de présenter comme un redoutable monstre. Pourquoi ? L’orthographe était-elle plus facile ? Non, les règles sont strictement identiques, la réforme de 90 n’ayant apporté que de légers correctifs à la marge. Nos grands et arrière-grands-parents étaient-ils, alors, plus intelligents que nous ? On n’irait même pas essayer de répondre à une question si idiote. Non, la réponse est bête comme chou : ils faisaient cinq heures d’orthographe par semaine en classe élémentaire; nous et nos enfants n’en faisons plus que deux. Ceci explique cela, et internet n’a rien à voir là-dedans ! Si on veut rétablir le niveau orthographique des Français, reprenons le temps perdu en Primaire, car c’est pendant cette période, sur cette question, que (presque) tout se joue.

Une réponse maladroite

Partant, et tant qu’on ne se sera pas donné ces moyens, il s’agit de colmater les brèches dans le fond du paquebot. Je remarque que ceux qui pensent en termes de revanche ne jurent que par les trucs et astuces. Ils abhorrent les règles, et jusqu’à l’idée même de règles. Leurs solutions sont -autant que faire se peut- des compilations d’astuces pour passer l’obstacle, mais en le contournant. Je ne dis pas que ces ficelles soient totalement  inutiles, mais elles ne peuvent absolument pas, à elles toutes seules, assurer une bonne intelligence du français écrit. Où est, dans une telle ambiance, le goût de la langue française ? S’il ne s’agissait que d’une approche plus ludique, pourquoi pas ! Mais on sent derrière la démarche une vision strictement pragmatique de la langue, une détestation de la grammaire, une volonté de tout mettre à plat, de gommer tous ces reliefs qui font le charme du paysage.

Une vision étroite

La querelle entre conservateurs et réformateurs de l’orthographe est multiséculaire, de même que ce goût français pour la polémique. Les réformateurs d’aujourd’hui ne semblent pas –c’est là tout ce que je trouve d’étrange– animés d’un  grand amour envers l’objet en question – à moins qu’ils ne règlent des comptes. Une autre vision de la règle est possible. Elle doit selon moi être positive, parce que l’écrit a ceci de supérieur sur l’oral qu’il est plus précis ; de plus il est visuel. Quand on lit, on n’entend pas les mots (c’est ce que ceux qui veulent à tout prix aligner l’écrit sur l’oral ne comprennent pas), on les voit et les particularités orthographiques nous donnent en permanence des indications de sens précieuses. L’orthographe française a aussi cela de très beau, dans l’élaboration progressive de ses règles, de contenir son histoire, ses étymologies. Le « p » de temps renvoyé à son ancêtre latin « tempus ». Pourquoi se priver de cela ?

Je conclus en suggérant l’idée qu’à force de présenter l’orthographe comme une corvée, on la transforme en corvée. Quand je lis ici ou là que notre orthographe serait trop difficile, que ses règles seraient trop compliquée, que sa maîtrise serait trop élitiste, j’ai l’impression d’entendre cet empereur qui disait à Mozart qu’il y avait « trop de notes » dans son concerto. La langue française n’est pas une purge, une corvée, c’est un splendide musée, autant  qu’un art vivant.

mardi 14 novembre 2017

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