Le meilleur plan

L’éternelle question posée en cours: quel plan « faut-il » faire? Avec les variations suivantes: quel « genre » de plan faut-il faire? Y a-t-il des plans « types »? Ces questions sont légitimes, quels que soient les exercices en cause : commentaire, dissertation, synthèse de documents, et même dossier, mémoire, thèse… mais derrière elles, se cache un mauvais réflexe, consistant à penser que le professeur va donner une recette miracle, un plan bien commode, qui ne demandera aucun effort de réflexion, et qui pourra être mis « à toutes les sauces » -une recette de cuisine en somme.
Cet espoir-là est vain, et relève davantage d’une certaine paresse intellectuelle, voire d’un manque de confiance en soi, que du désir de bien mener un travail de raisonnement. J’ai compris cela en fac; à un étudiant qui avait posé cette question du quel-plan-faut-il-faire, Mlle P., une excellente prof de littérature française, avait simplement répondu : « Il y a un plan par sujet. Et il faut le trouver, c’est tout. »
Au départ, j’ai cru qu’elle bottait en touche, mais avec le temps et la pratique j’ai compris à quel point sa réponse était pertinente. Pourquoi? Parce qu’en disant que chaque sujet a un plan qui lui convient, elle invitait l’élève, l’étudiant, à s’adapter précisément à la question qui lui était posée, pour la traiter à fond et selon une logique lui étant propre; logique qui, donc, serait autre s’il s’était agi d’un autre sujet. Chaque problématique appelle implicitement un traitement particulier, spécifique.
Intelligence est adaptation.

24 décembre 2013

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