Le cours de français et le cours de lettres

Je ne me souviens pas que quelqu’un m’ait expliqué, au Collège ou au Lycée, pourquoi on étudiait le subjonctif et les romans de chevalerie en cours de français. Les pronoms relatifs et Verlaine. Les propositions principales et Le père Goriot… Personne ne m’a dit le rapport entre l’apprentissage de ma langue et l’étude de la littérature. Je n’ai découvert ce lien que bien plus tard.

A une époque, il fut question de dissocier les deux apprentissages, en proposant un « cours de français » qui ne serait qu’apprentissage de la langue, écrite et orale, et un « cours de lettres » consacré à l’initiation aux grands textes. J’aurais presque trouvé que c’était une bonne idée, mais l’argument qui l’emporta était meilleur: quitte à apprendre la langue française à des enfants et des adolescents, autant le faire sur la base des plus grands textes.

Le cours de lettres tire le cours de français vers le haut

Le rapport est simple: il s’agit de donner de bons modèles, les meilleurs qui soient.

Il y a bien deux cours en un (la technique de la langue et l’initiation à la littérature) mais ils sont unis de manière cohérente. Vous voulez décrire? Admirez Balzac. Vous voulez raconter? Admirez Hugo. Vous voulez expliquer? Admirez Boileau. Vous voulez argumenter? Admirez Voltaire…

Ces modèles sont les plus à même de tirer notre langue vers le haut. Il ne s’agit pas de snobisme, ni même de « culture générale » (terme fourre-tout), mais d’élan vers le haut. C’est en fréquentant le meilleur qu’on désire devenir meilleur, et donc qu’on le devient.

Même si cela paraît évident aux pédagogues, il serait bon de l’expliquer clairement aux élèves (de tous âges) afin de remettre en perspective des enseignements qu’ils considèrent séparément.

 

24 juin 2014

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