Du problème de la « paresse » dans l’échec scolaire

La définition de ce qu’on nomme « paresse », et donc le jugement qu’on porte sur elle, est au cœur même de la problématique de l’échec scolaire, et donc des solutions qu’on peut y apporter.

Il y a trois manières de poser le problème.

Il y a ceux qui posent la paresse comme une faute morale de l’élève, dont il doit être prêt à affronter les conséquences.
Pour eux, le seul soutien se résumerait à : « ils n’ont qu’à bosser » !

Il y a ceux qui, à l’inverse, interprètent la paresse de l’élève comme une conséquence de la déficience du cours, du programme, de l’enseignant.
Pour eux, c’est le système qui doit se remettre en question, c’est au prof d’intéresser l’élève qui, alors, cessera d’être paresseux.

Enfin il y a ceux qui psychologisent la paresse, et en font une sorte de symptôme dont l’élève souffre.

Mon expérience me fait dire que ces trois interprétations peuvent être justes, mais qu’elles ont toutes les trois le défaut de s’exclure mutuellement, parce qu’elles peuvent se rencontrer dans des proportions très variables selon les profils.

L’échec scolaire est un problème complexe

Sans être passé par la case didactique, j’ai rencontré des élèves qui décrochaient uniquement par manque d’effort, d’autres qui décrochaient à cause d’enseignants totalement à côté de la plaque, et d’autres qui décrochaient à cause de réelles difficultés psychologiques; surtout j’ai rencontré des élèves qui présentaient un mélange de deux voire de trois de ces problèmes.

Il ne faut donc pas avoir peur de prononcer le mot « paresse », mais il ne faut pas non plus s’en servir pour occulter d’autres interprétations.

Je finis donc par un résumé sous forme d’équation complexe :
1. Oui, la paresse peut être combattue comme un défaut mais 2. l’effort doit venir aussi de l’enseignant et de l’enseignement et 3. il peut y avoir parfois des souffrances cachées.

Attention :
Trop de 1 crée l’autoritarisme et les coups de règles sur les doigts.
Trop de 2 déresponsabilise l’élève.
Trop de 3 médicalise le problème scolaire.

 

 

mardi 13 janvier 2015

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