Littérature et liberté

J’entendais dernièrement une autrice, dans La grande librairie d’Augustin Trapenard, expliquer qu’à quelqu’un qui s’interrogerait sur l’utilité de la littérature, il faudrait juste répondre : « demandez aux dictateurs… »
Une variation autour de la fameuse phrase de Maria Vargas Llosa : « Les dictateurs ont peur de la littérature. »

En ces temps de propagande(s) mondialisée(s), de fake news et de cyber-falsifications du réel, tout le monde pense très fort à Orwell et à son roman phare : 1984, qui soulevait, entre autres, la question de l’emprise des régimes totalitaires sur le langage lui-même. Comment ne pas penser à cette dystopie en lisant cet article de The conversation, qui liste les centaines de mots que l’administration Trump veut bannir des documents officiels, comme « femme », « racisme », « pollution »… ? Que dirait le romancier britannique aujourd’hui en voyant se réaliser ses plus hallucinantes projections ?

J’ajoute à cela qu’il n’y a pas que la littérature politique pour défendre la liberté, il y a la littérature tout court, ne serait-ce que par le pouvoir d’évasion qu’elle offre en permanence à n’importe qui, à moindre prix. D’une certaine manière un haïku est un acte de résistance dans un monde de plus en plus étouffant.

C’est peut-être un lieu commun que de le dire, mais il faut le répéter (et le pratiquer, « en lisant en écrivant », comme dirait Gracq) : La littérature libère.

mardi 13 janvier 2026

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