Sujets de philosophie : et si on laissait un choix plus important au candidat ?
 


  10 septembre 2019

Orthographe : la règle et l’usage
Il me semble utile, pour des raisons que je détaille en fin d’article, de produire un petit schéma de pensée pour comprendre le rapport particulier qu’entretiennent, en orthographe, l’usage (c’est-à-dire le français que nous parlons et écrivons tous les jours) et la règle (c’est-à-dire le code commun que nous avons appris à l’école)…(Lire la suite)

25 juin 2019

Qu’est-ce qu’un philosophe ?
À cette intimidante question, il est possible de répondre une première chose assez simple, pour distinguer le philosophe de la figure de l’intellectuel (pour moi ce second terme n’a rien de péjoratif) : le philosophe est celui qui produit des concepts philosophiques…(Lire la suite)

11 juin 2019

Adapter un chef d’œuvre littéraire au cinéma : une bonne idée ?
« Je préfère le livre »… Dans le prolongement de cette phrase que j’ai entendue mille fois (y compris dans la bouche de gens lisant peu), une petite réflexion à deux voix sur le thème de la transposition littéraire au cinéma, avec mon ami Guillaume Trouvé, en podcast…(Lire la suite)

28 mai 2019

L’orthographe est-elle une forme de politesse ?
Le philosophe Alain écrivait : « L’orthographe est de respect ; c’est une sorte de politesse » . J’ai souvent lu ou entendu ce rapprochement : écrire sans faire de fautes serait une forme de courtoisie, de savoir-vivre, voire, carrément, de comportement éthique. Je remarque tout d’abord que ce discours est majoritairement tenu par des gens qui maîtrisent bien l’orthographe -c’est donc un raisonnement pro domo ; secondement, ce raisonnement me gêne un peu, et voici pourquoi…(Lire la suite)

14 mai 2019

Sujets de philosophie : et si on laissait un choix plus important au candidat ?
Lundi 17 juin, à 08h02, comme chaque année à l’épreuve de philosophie, à côté de l’explication de texte qui ressemble à une voie de secours, deux sujets de dissertation vont « tomber » : ce verbe se disqualifie de lui-même, faisant penser à un verdict, une sanction, pour ne pas dire un « couperet ». Le bachelier va jouer une partie de sa note globale, de son année, de son orientation, sur l’arbitraire de ces deux phrases suspendues dans le vide. Pour le dire autrement, on va jouer sa connaissance aux dés…(Lire la suite)

23 avril 2019

En ligne : le Dictionnaire de l’Académie française
Cela méritait bien un billet dédié : depuis quelques semaines, le Dictionnaire de l’Académie est en ligne et consultable gratuitement. C’est un évé(/è)nement !(Lire la suite)

9 avril 2019

Philo : le test du mandarin chinois
Avant de citer et de commenter les sources de ce petit test de « morale » assez connu en philosophie, j’en résume d’abord (schématiquement) l’argument essentiel.
On met devant vous une boîte avec un bouton. Si vous appuyez sur le bouton, vous tuez instantanément à l’autre bout du monde un vieil homme que vous ne connaissez pas ; vous avez l’assurance de ne jamais en être accusé ; et vous touchez 10 millions d’euros. Appuyez-vous sur le bouton ?(Lire la suite)

26 mars 2019

Connaissez-vous les haïkus?
« Les œuvres les plus belles sont celles où il y a le moins de matière », écrivait Flaubert. On aurait là l’épigraphe idéale, en page de garde, d’un recueil de haïkus -ces éclats de conscience. Nul besoin donc de vous refaire la fiche Wikipedia de ces poèmes minimalistes, parfois lyriques, parfois purement descriptifs, tantôt drôles, tantôt philosophiques, toujours subtils, je vous en donne seulement dix à lire -ils se suffiront à eux-mêmes, car :
Pour s’ouvrir dans un esprit,
La fleur d’un haïku n’a besoin…(Lire la suite)

12 mars 2019

D’un certain « ressentiment » en orthographe
Une note un peu plus psychologique ici (une fois n’est pas coutume), qu’il ne me semble pas inutile de produire alors que les indicateurs de baisse du niveau orthographique des Français sont en train de virer à la culpabilisation générale…(Lire la suite)

26 février 2019

Opinions et vérité à l’heure des réseaux
Dans l’un de ses derniers titres, un rappeur connu dit : « Le monde est un PMU, où n’importe qui donne son mauvais point de vue ». J’amenderais cette intéressante « punchline » de la sorte : où chacun peut donner son point de vue, mauvais s’il est trop hâtif, utile s’il est réfléchi. Ça claque moins bien, mais c’est plus constructif. Car ce n’est pas le fait de…(Lire la suite)

 

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Sujets de philosophie : et si on laissait un choix plus important au candidat ?

Lundi 17 juin, à 08h02, comme chaque année à l’épreuve de philosophie, à côté de l’explication de texte qui ressemble à une voie de secours, deux sujets de dissertation vont « tomber » : ce verbe se disqualifie de lui-même, faisant penser à un verdict, une sanction, pour ne pas dire un « couperet ». Le bachelier va jouer une partie de sa note globale, de son année, de son orientation, sur l’arbitraire de ces deux phrases suspendues dans le vide. Pour le dire autrement, on va jouer sa connaissance aux dés.

L’épée de Damoclès. L’argument de ce format d’épreuve est qu’un élève qui a bien révisé n’a peur d’aucun sujet, et que plus il aura travaillé, plus faibles seront les risques de « sécher » sur les sujets ; c’est un argument qui tient la route, que j’utilise moi-même parfois, et qui donnerait presque une impression de justice : on récompense les élèves méritants, les autres caleront… Mais quand j’y pense, que je le remets en cause, je me rends compte qu’il n’est qu’un bricolage rhétorique pour justifier un principe d’exclusion qui lui précède. On parle plutôt alors d’optimisation de ses révisions, de stratégie, de chance le jour J, c’est-à-dire de choses se trouvant bien loin de la juste et nécessaire évaluation des connaissances, et encore plus loin de l’exercice de la pensée. C’est ce mélange d’arbitraire et de pseudo-exigence qui a dégradé le système d’éducation, en l’alignant sur un modèle de type sportif : hasard et compétition. J’ajoute (et ce n’est pas le moindre reproche) que ce mode d’évaluation est une machine à stress, massive et généralisée, du premier au dernier de classe, et du dernier au premier !

Le choix du sujet. L’introduction d’une part de contrôle continu viendra enrayer ce jeu de roulette, mais dans quelle mesure ? Je propose ci-après une nouvelle manière de proposer l’exercice de la dissertation. En gardant le même nombre de notions, en gardant le principe du tirage au sort de la notion (ou de deux notions), pour que les élèves ne tronquent pas leurs révisions, on donnerait au candidat la possibilité de choisir parmi une liste plus importante de sujets, par exemple 10 ou 15. Techniquement, on pourrait lui laisser 15 minutes pour choisir un sujet dans cette liste, et il aurait ensuite ses quatre heures de rédaction. On pourrait même imaginer que sur la notion proposée, il définirait lui-même un sujet à traiter (mais il faudrait pouvoir le faire valider avant de commencer). Ce serait en quelque sorte un sujet semi-libre.

Exemple : le candidat tire au sort « le désir ». On lui propose alors de choisir l’un de ces dix sujets : Accomplir tous ses désirs, est-ce une bonne règle de vie ? Ne désire-t-on que ce qui a du prix aux yeux d’autrui ? Le désir est-il par essence violent ? Est-il absurde de désirer l’impossible ? Pensez-vous qu’il vaille mieux changer ses désirs que l’ordre du monde ? La recherche du plaisir est-elle digne d’être érigée en idéal moral ? Le désir n’est-il que l’expression d’un manque ? Peut-on distinguer de vrais et de faux besoins ? Désirer, est-ce nécessairement souffrir ? Faut-il libérer le désir ou se libérer du désir ? Deux autres listes peuvent être proposées, l’une sur une autre notion, et la troisième sur deux notions mêlées.

Tout en préservant le principe de la révision du programme, ce système présenterait trois avantages :

1. Il donnerait au candidat une latitude par rapport aux termes parfois un peu intimidants du sujet : j’ai parfois vu des élèves caler sur une notion (qu’ils maîtrisaient) parce que la formulation du sujet les avait déroutés.

2. Il réduirait son stress : qui a pu penser que le stress faisait mieux penser, améliorait la qualité d’une réflexion ? Quelqu’un de stressé ? C’est en fait tout l’inverse : le stress n’est qu’un parasite pour la pensée profonde. Il produit soit de la paralysie, soit du raisonnement à l’emporte-pièce. J’aurais presque envie de paraphraser le bon Boileau : Ce qui se conçoit bien s’énonce calmement…

3. Et surtout il lui permettrait, dans un cadre donné, de traiter le sujet avec lequel il se sent le plus à l’aise, ce qui ne réduirait en rien l’exigence de contenu et de raisonnement inhérente à la dissertation. Il me semble même que l’on raisonne mieux sur les sujets qui nous intéressent davantage.

Choisir le sujet sur lequel on va réfléchir… N’est-ce pas là, d’ailleurs, ce que fait tout essayiste, tout philosophe ?…

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mardi 14 mai 2019

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