Les mots de la philo
 


  12 mars 2019

D’un certain « ressentiment » en orthographe
Une note un peu plus psychologique ici (une fois n’est pas coutume), qu’il ne me semble pas inutile de produire alors que les indicateurs de baisse du niveau orthographique des Français sont en train de virer à la culpabilisation générale…(Lire la suite)

26 février 2019

Opinions et vérité à l’heure des réseaux
Dans l’un de ses derniers titres, un rappeur connu dit : « Le monde est un PMU, où n’importe qui donne son mauvais point de vue ». J’amenderais cette intéressante « punchline » de la sorte : où chacun peut donner son point de vue, mauvais s’il est trop hâtif, utile s’il est réfléchi. Ça claque moins bien, mais c’est plus constructif. Car ce n’est pas le fait de…(Lire la suite)

12 février 2019

Votre âge en minutes de lecture par jour
Intimement convaincu de l’axiome : « trop donne rien, un peu donne beaucoup », je propose cette modeste méthode de lecture, en réponse à une question qu’on me pose fréquemment : comment se mettre (ou se remettre) à lire ?…(Lire la suite)

22 janvier 2019

La ponctuation est-elle en option ?
Quelle différence faites-vous entre ces deux phrases ?
Le président n’est pas mort comme on l’avait cru.
Le président n’est pas mort, comme on l’avait cru.
La différence est ténue : elle ne tient qu’à une virgule. Pourtant, le sens est radicalement autre. Dans la première phrase…(Lire la suite)

8 janvier 2019

Minéralogie du raisonnement
J’ai pris l’habitude de présenter l’exercice de la dissertation comme l’observation (minutieuse) des différentes facettes d’un problème. Cela permet de visualiser cette opération intellectuelle si précieuse dans un monde d’opinions hâtives, radicales, et trop peu nourries de connaissances réelles.(Lire la suite)

24 décembre 2018

Un Cantique de Noël
Mon jour de publication tombant cette année la veille de Noël, j’en profite pour donner ici l’incipit (allongé) du plus célèbre des contes de circonstance. Vous le reconnaîtrez sûrement !
Premier couplet – Le spectre de Marley
Marley était mort, pour commencer. Là-dessus, pas l’ombre d’un doute. Le registre mortuaire était signé par le ministre, le clerc, l’entrepreneur des pompes funèbres et celui qui avait mené le deuil. Scrooge l’avait signé, et le nom de Scrooge était bon à la bourse, quel que fût le papier sur lequel il lui plût d’apposer sa signature.(Lire la suite)

11 décembre 2018

Vouloir supprimer toutes les subtilités de la langue française, c’est un peu comme vouloir raser toutes les petites rues d’une vieille ville.
Mon argument est dans le titre, mais je peux le développer -filer la métaphore- en réponse aux articles, projets éditoriaux et livres qui s’en prennent régulièrement à une supposée trop grande complexité de l’orthographe, le dernier buzz en date concernant l’accord du participe avec le COD. Une langue peut donc raisonnablement être comparée à une ville qui s’est construite au fil des siècles, par élargissements circulaires et strates successives…(Lire la suite)

27 novembre 2018

Choses vues. Un texte prophétique de Victor Hugo
« Hier, 22 février, j’allais à la Chambre des pairs. Il faisait beau et très froid, malgré le soleil et midi. Je vis venir rue de Tournon un homme que deux soldats emmenaient. Cet homme était blond, pâle, maigre, hagard ; trente ans à peu près, un pantalon de grosse toile, les pieds nus et écorchés dans des sabots avec des linges sanglants roulés autour des chevilles pour tenir lieu de bas ; une blouse courte et souillée de boue derrière le dos, ce qui indiquait qu’il couchait habituellement sur le pavé, la tête nue et hérissée. Il avait sous le bras un pain. Le peuple disait autour de lui qu’il avait volé ce pain et que c’était à cause de cela qu’on l’emmenait. »…(Lire la suite)

13 novembre 2018

« Sélection » : le mot poli pour « exclusion » ?
Georges Brassens, dans l’un de ses derniers interviews, se montrait réticent à dire quels étaient ses poètes « préférés », car, argumentait-il, « préférer, ça consiste à rejeter… à rejeter tout le reste ». Que dirions-nous de nos sélections scolaires et universitaires ? Sont-ce les élèves que nous préférons ? Nous avons plutôt coutume de dire que ce sont les élèves les plus méritants, que leur sélection est le fruit logique et naturel de leurs efforts. Vision partiellement vraie…(Lire la suite)

23 octobre 2018

Philo : cercles de la connaissance
Rien de tel qu’un petit schéma pour exercer son humilité.

Le premier cercle figure tout ce que je connais à cet instant : le cumul de mes apprentissages et de mon expérience, avec un niveau variable dans les nombreux et divers domaines de la connaissance. Quand bien même je serais expert…(Lire la suite)

 

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Les mots de la philo

Un excellent prof que j’ai eu en fac nous invitait, au cours de ses conseils de lecture en TD, à nous méfier des auteurs « qui confondent obscurité et profondeur ». Il avait l’élégance de ne citer personne, mais son conseil m’est resté.

Je ne citerai personne non plus mais mes expériences de lecture m’ont effectivement mis en présence de textes inutilement compliqués, quasi illisibles même, où j’avais plutôt l’impression que l’auteur faisait un numéro d’acrobatie se réduisant à essayer de bien faire sentir sa stupidité au lecteur. Même avec un gros effort, il ne reste rien, ou pas grand-chose de l’examen de ces textes.

Soit l’auteur est en train de s’emberlificoter lui-même dans un sujet qu’il ne maîtrise pas tant qu’il ne le croit (pour paraphraser Boileau il n’énonce pas clairement quelque chose qu’il ne conçoit pas bien lui-même) ; soit il est en train de pavaner en jonglant avec des mots compliqués qui ne servent qu’à (essayer d’) impressionner la galerie : dans les deux cas, pas de temps à perdre, le contenu réel est inversement proportionnel à la pompe, le style étant justement le paravent cachant l’indigence du fond.

Pour autant, tous les textes difficiles à lire ne sont pas des escroqueries et je propose d’introduire ici le concept d’outil : si un mot, ou une expression, est complexe (ex : une contradiction performative, la finitude, l’hamlétisme), c’est qu’il a une utilité dans le raisonnement philosophique de l’auteur. S’il n’en a pas vraiment, si on pouvait se passer de lui, c’est qu’on est dans le pédantisme dont je viens de parler ; mais s’il en a vraiment une, en d’autres termes si on ne peut déverrouiller une idée sans lui (comme il est par exemple impossible de planter un clou sans un bon marteau ou de le retirer sans une pince adéquate), alors il faut faire l’effort de le comprendre.

Le cas d’Emmanuel Kant est particulièrement représentatif de ce problème- mais l’on sait, derrière la difficulté lexicale de certains de ses textes, qu’il y a vraiment quelque chose à comprendre, et une étude bien menée révèle au fur et à mesure la richesse du contenu. On pourrait ici faire un rapprochement avec les termes techniques que l’on trouve dans les sciences appliquées : ils sont nécessaires pour être précis, et si on les enlevait, on serait, donc, plus vague !

D’un point de vue pédagogique, après avoir distingué les auteurs « difficiles » et écarté les jargonnautes (le bon grain de l’ivraie), il est prudent, quand on a affaire à des termes très abstraits, de ralentir, comme on dit à l’auto-école. Prévenir, déjà, qu’on va utiliser un mot difficile -une petite touche d’humour n’étant pas de trop (attention je vais employer un gros mot…) ; l’idée est de ne pas laisser derrière soi des randonneurs qui se seraient pris un caillou sur la tête… Ralentir, s’arrêter même s’il le faut, pour bien définir le mot, que ce soit clair pour tout le monde. Tant pis si on court le risque d’ennuyer ceux qui avaient déjà compris ; c’est un risque moins grand que de perdre les autres. Quand tout le monde est là, on repart.

Il y a encore un dernier luxe : essayer de faire aimer ces mots qui ne passent pas partout et qui permettent de nommer quelque chose qu’ils sont les seuls à désigner, non pas pour briller en société, mais pour une plus grande intelligibilité, comme on ajouterait le nom nouveau d’une terre auparavant inconnue sur une carte du monde -sauf qu’il s’agit de la carte, plus belle et plus vaste encore, de l’esprit humain.

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mardi 25 avril 2017

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