Dissertation de philosophie : interrogez le présupposé.
 


  9 janvier 2018

Niveaux de connaissance
Il y a l’opaque ignorance. Ensuite, il y a l’intuition, ce doute étrange. Puis, la recherche et l’interrogation. Ensuite, des morceaux de compréhension, des fragments de connaissance. Puis l’appréhension plus complète, mais encore superficielle, uniquement intellectuelle : on comprend une chose mais, pour ainsi dire, de l’extérieur. On en voit les contours, on en saisit les leviers, les mécanismes, on en écrirait bientôt une dissertation, puis un traité. Mais cette forme de connaissance n’est pas encore, selon moi, la forme ultime de la connaissance…(Lire la suite)

26 décembre 2017

L’accord des noms composés : un exemple de difficulté orthographique « intéressante ».
Ce que j’appelle une « difficulté intéressante » est une difficulté dont la résolution fait appel à l’esprit d’analyse et à la logique – à la différence d’une difficulté dont la réponse présenterait quelque chose d’arbitraire ou de hasardeux, et qu’on pourrait alors qualifier d’anomalie. La règle de départ est simple et…(Lire la suite)

12 décembre 2017

Dissertation de philosophie : interrogez le présupposé.
Voilà bien l’outil le plus commode pour débrouiller vos sujets de philo : le présupposé. De quoi s’agit-il ? Si l’on partait d’un peu plus loin, on pourrait d’abord dire de lui qu’il est une sorte de cousin éloigné du préjugé…(Lire la suite)

28 novembre 2017

Les Boloss, par Jean R.
Hommage doit être rendu à une grande figure du cinéma et du théâtre français, qui nous a quittés le mois dernier pour rejoindre l’Olympe des passeurs de mots…(Lire la suite)

14 novembre 2017

Faut-il prendre une revanche sur l’orthographe ?
Depuis quelques années, ont fleuri, dans les rayonnages des librairies, des ouvrages surfant sur ce thème de la revanche que pourraient ou devraient prendre ceux qui ont un problème avec l’orthographe, faisant même parfois de celle-ci « le » problème. Je ne souscris pas à cette approche. Ou, pour le dire autrement : je n’aime pas trop cette ambiance…(Lire la suite)

24 octobre 2017

Les enfants philosophes
– Papa, pourquoi tu vas au travail ?
– Attends, chéri, Papa parle de quelque chose d’important avec Parrain au téléphone. Oui désolé, c’était rien, bon, pour le dégrèvement d’impôts, tu sais qui je dois appeler ?…
– Maman, il a quoi, cet oiseau ?
– Touche pas chéri, il est mort.
– C’est quoi être mort ?
– C’est comme dormir, mais longtemps.
– Il va se réveiller ?… (Lire la suite)

10 octobre 2017

Palindromes : le record de Georges Perec
Vous connaissez sans doute ce qu’on appelle les palindromes, ces mots, expressions ou phrases que l’on peut lire à l’endroit et à l’envers. Le mot « ici » par exemple, donne, si on le lit de droite à gauche… (Lire la suite)

26 septembre 2017

Orthographe : une émission à écouter absolument !
C’est à l’excellent Jean-Noël Jeanneney qu’on la doit: dans « Concordance des temps », il invite Bernard Cerquiglini, historien de la langue française. Celui-ci décrit avec érudition l’évolution de l’orthographe française, ainsi que le débat qui oppose historiquement réformateurs et conservateurs…(Lire la suite)

12 septembre 2017

Le problème de la lecture longue
Perdons-nous peu à peu la capacité de lire un texte long ? Je ne parle pas de désir, ou d’une quelconque préférence mais bien de la capacité… parce qu’il semble qu’il y ait depuis quelques années un « problème », plus ou moins généralisé, à ce sujet -qui rejoint d’ailleurs celui de la mémorisation. C’est Nicholas Carr, en 2008, qui a fait partie des premiers à tirer la sonnette d’alarme…(Lire la suite)

27 juin 2017

Une approche picturale des registres littéraires
Pour parler des textes, pour les analyser, les interpréter, il faut des mots : ce sont les mots de l’analyse textuelle, drôles de bestioles aux noms incongrus et pittoresques, polyptotes et diérèses, narrateurs omniscients et réfutations, didascalies et autres zeugmas. Je ne dirai pas de ces mots qu’ils sont « barbares » car, comme Michel Foucault le dit, n’est barbare qu’un mot qui ne veut rien dire…(Lire la suite)

 

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Dissertation de philosophie : interrogez le présupposé.

Voilà bien l’outil le plus commode pour débrouiller vos sujets de philo : le présupposé. De quoi s’agit-il ? Si l’on partait d’un peu plus loin, on pourrait d’abord dire de lui qu’il est une sorte de cousin éloigné du préjugé. Dans les deux cas, le sens est assez simplement indiqué par la composition du mot :

pré-jugé : ce qu’on juge avant de le connaître, avant même d’y avoir pensé une seule fois par soi-même ;

pré-supposé : ce qu’on suppose avant, « que l’on admet, implicitement ou explicitement, préalablement » (TLF).

Ainsi, le sujet : « Ne travaille-t-on que pour gagner de l’argent ? » (tombé il y a quelques années) présuppose que la motivation exclusive (« ne… que pour ») du travail est l’argent, en l’occurrence le salaire. Vous devez donc premièrement dégager le présupposé, comme on extrait un marron de sa bogue, pour le cuisiner, pour l’interroger ; à la limite, personnifiez-le et, tel Diderot, faites-le parler :

A. – Alors, B (ou plutôt P.), que penses-tu. que dis-tu ?

P. – Je pense que les gens ne travaillent que pour gagner de l’argent.

A.- Très bien. Donne-moi tes arguments.

P.- Demande aux gens dans la rue pourquoi ils se lèvent pour aller travailler. Il faut bien subvenir à ses besoins vitaux… et depuis que nous ne sommes plus des chasseurs ou des agriculteurs, on va travailler pour « gagner à la sueur du front » notre pitance, via le salaire. De plus, imagine quelqu’un qui gagnerait une grosse somme d’argent à la loterie, ne s’arrêterait-il pas illico de travailler ? « Au revoir,  président… » (Vous avez votre 1)

A.- Tu n’as pas tort. Mais que dis-tu, maintenant, des gens qui travaillent sans gagner d’argent : les bénévoles, certains artistes, une mère ou un père au foyer ? (Vous avez votre 2)

P.- Je n’y avais pas pensé.

A.- Si, donc, on ne travaille pas que pour gagner de l’argent, c’est qu’il existe d’autres motivations au travail : le plaisir, l’utilité, le lien social, l’objectivation de soi… Et vous déroulez votre 3.

Pardon pour ce traitement rapide et schématique d’un si vaste sujet, mais il vise à décrire une démarche consistant à démonter un présupposé, soit en en montrant les limites, soit en lui opposant une contradiction, partielle ou totale. La plupart* des sujets de dissertation sont construits de cette manière :

Le présupposé dans la dissertation de philosophie

Extrayez le présupposé du sujet.

Je comparais au départ les présupposés et les préjugés, cousins parce que procédant d’une même précipitation, éloignés parce que moins plombés qu’eux. Le préjugé a quelque chose de définitif et de potentiellement dangereux ; le présupposé n’attend que d’être révélé pour être nuancé. Mais tout comme la philosophie cherche à combattre le préjugé, sa version scolaire cherche à démonter le présupposé ; dans les deux cas une même démarche intellectuelle est en œuvre : remettre en cause ce qu’on admettait sans même savoir qu’on le pensait. Il est à noter qu’il ne s’agit pas pour autant de renverser toutes les tables, dans la mesure ou certains présupposés peuvent avoir une part de vérité, mais de les examiner, comme Descartes l’explique si bien dans sa limpide allégorie du panier de pommes :

« Je me servirai ici d’un exemple fort familier pour lui faire ici entendre la conduite de mon procédé, afin que désormais il ne l’ignore plus, ou qu’il n’ose plus feindre qu’il ne l’entend pas. Si d’aventure il avait une corbeille pleine de pommes, et qu’il appréhendât que quelques unes ne fussent pourries, et qu’il voulût les ôter de peur qu’elles ne corrompissent le reste, comment s’y prendrait-il pour le faire ? Ne commencerait-il pas tout d’abord à vider sa corbeille ; et après cela, regardant toutes ces pommes les unes après les autres, ne choisirait-il pas celles-là seules qu’il verrait n’être point gâtées, et, laissant là les autres, ne les remettrait-il pas dedans son panier. Tout de même aussi, ceux qui n’ont jamais bien philosophé ont diverses opinions en leur esprit qu’ils ont commencé à y amasser dès leur bas âge, et, appréhendant avec raison que la plupart ne soit pas vraies, ils tâchent de les séparer d’avec les autres, de peur que leur mélange ne les rende toutes incertaines. Et pour ne se point tromper , ils ne sauraient mieux faire que de les rejeter une fois toutes ensemble, ni plus ni moins que si elles étaient toutes fausses et incertaines ; puis les examinant par ordre les unes après les autres, reprendre celles-là seules qu’ils reconnaîtront être vraies et indubitables. C’est pourquoi je n’ai pas mal fait au commencement de rejeter tout ; puis considérant que je ne connaissais rien plus certainement ni plus évidemment sinon que moi, qui pensait, étais quelque chose, je n’ai pas eu aussi mauvaise raison d’établir cela comme le premier fondement de toute ma connaissance ; et enfin je n’ai pas aussi mal fait de demander après cela ce que j’avais cru autrefois que j’étais, non pas afin que je crusse encore de moi toutes les mêmes choses, mais afin de reprendre celles que je reconnaîtrais être vraies, de rejeter celles que je trouverais être fausses , et de remettre à examiner à un autre temps celles qui me sembleraient douteuses. »

Qu’un tel exercice, sous forme de composition française, soit un sommet de l’enseignement secondaire, cela  ne fait nul doute.  Si (ou quand) cela marche, l’élève acquiert un embryon d’esprit critique qui le rend capable d’examiner non seulement les présupposés qui fondent la société dans laquelle il vit, mais également ses propres supposés… Je ne peux terminer cet article sans remercier mon professeur de philosophie de Terminale, M. T., de l’E., qui m’a enseigné cette lumineuse méthode, qui ne sert pas qu’à augmenter sa moyenne.

* Certains sujets n’ont pas de présupposé ou en ont un qui n’est qu’impliqué par la question du sujet.

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mardi 12 décembre 2017

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